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17/04/2013

L’inégale répartition internationale des gains de productivité

Dans un monde où l'écart des richesses ne cesse de se creuser entre pays, il est urgent de s'arrêter et de faire une mise au point. Il ne sert à rien de courir, évitant de se faire rattrapper. Faut-il attendre les retardataires ou faut-il continuer à avancer ? Cette question m'amène à cette analyse que j'ai le plaisir de vous faire partager.

En effet, une économie réalise des gains de productivité lorsque le rapport du volume de sa production et du volume des moyens mis en œuvre pour l’obtenir augmente en monnaie constante. Quand pour un pays les gains de productivité se traduisent par une augmentation des quantités produites, il risque de voir baisser le prix relatif mondial de ses exportations.

Aujourd’hui, justement l’on constate qu’il existe un écart entre les pays en termes de répartition des gains de productivité. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. C’est ainsi que lorsqu’on augmente la quantité produite d’un bien X, il est logique de pouvoir l’exporter en conséquence afin de bénéficier des gains qu’il va procurer. Par contre si les biens exportés ont une demande peu sensible aux variations de prix, comme c’est souvent le cas des pays sous-développés, les gains de productivité sont alors transférés aux pays importateurs.

Malgré le fait que le marché soit régi par les règles de concurrence pure et parfaite, les pays développés au contraire parviennent à conserver leurs gains de productivité affectés plus tard à des hausses de salaires. De cette façon, la hausse relative du prix de leurs exportations n’entraîne pas de baisse significative de la demande et les produits disposent d’une avance technologique renouvelée. A l’opposé, les pays sous-développés caractérisés par un manque de technologie n’ont pas généralement des produits nouveaux à forte valeur ajoutée par du travail hautement qualifié et rémunéré. Ils ne peuvent donc pas accroître leurs gains de productivité de façon significative. Ils ne pourront que se rabattre à un effort de substitution de ce bien X tel que nous l’avons mentionné plus haut, au détriment de l’idéal donc d’une spécialisation.

Raúl Federico Prébisch (1901-1986), l’économiste structuraliste, disait : « le commerce international n’est pas le moteur de la croissance pour les pays sous-développés parce qu’ils en sont « dépendants ». D’abord ils doivent importer les équipements nécessaires et donc leur croissance est directement fonction de leurs recettes d’exportation de produits primaires, dont la tendance à long terme est le ralentissement. En second lieu, leurs exportations sont régies par la situation conjoncturelle des pays développés. Pour s’affranchir de fluctuations amplifiées, les pays sous-développés ont intérêt à se tourner vers leurs propres marchés et s’orienter vers l’industrialisation par substitution d’importations. »

Prébish avait-il raison ?

18:01 Publié dans Air du temps, Economie/Commerce | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : prébish, gains de productvité |  Facebook | | | Pin it! | |

Commentaires

"Prébish avait-il raison ?"

Entièrement.
Echange inégal. Pillage des terres. Cultures d'exportation au lieu de cultures vivrières. C'est le nord qui fixe les prix. Dépendance économique totale. Mais je crains que ceux qui voudraient changer cet état des choses fassent long feu.

Écrit par : Johann | 18/04/2013

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